Stress

Le mot « devoir » évoque les exercices, les leçons à apprendre et le  « travail personnel » évoque les entraînements, mais aussi la recherche, le réinvestissement de ce qu’on a appris dans des travaux variés (l’écriture, la création, la lecture, la recherche documentaire…).

Ce n’est  pas la quantité de travail personnel qui est important, mais tout ce qu’il permet de mettre en œuvre : la démarche, les questionnements, la recherche, les essais… bref, tout ce que va susciter l’enseignant et qui dépasse largement celui de la séquence ou de l’heure de cours traditionnelle.

Rien n’empêche bien sûr l’enfant, le jeune de poursuivre à la maison ce qu’il a entrepris avec plaisir au sein de la classe ou de l’établissement.

Cependant, dès le CP, votre enfant a bien souvent une charge de travail le soir qui inquiète les parents et stresse les enfants.

Pourtant, depuis 1956, les devoirs sont interdits par la loi. Malgré l’ambiguïté du texte sur certains points, il explique déjà clairement pour l’époque, que “les enfants subissent un malmenage scolaire […] et que la fatigue est préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants.

Cris, pleurs, temps perdu, fatigue, conflits ou absence totale de travail font que les devoirs sont tant redoutés qu’ils n’apportent rien de bon aux enfants et ne garantissent pas leur réussite scolaire. D’ailleurs, les devoirs à la maison sont considérés comme une corvée par de nombreuses familles.

Après l’école, les devoirs ! Ils sont un passage obligé pour tout élève français. Pour apprendre, il faut réviser et s’entraîner seul chez soi. Les devoirs sont dans l’idéal, un facteur de réussite, et, dans la réalité, un facteur d’inégalité.

Les devoirs à la maison peuvent épuiser dès le plus jeune âge.

Aujourd’hui, de nombreux enfants passent des journées allant jusqu’à 11 heures dans l’établissement scolaire. Ils arrivent au périscolaire à 7h30 et en repartent à 18h30. Les enfants et les écoles doivent s’adapter au rythme de travail des parents. Certes, cette amplitude horaire n’est pas celle de tous les enfants, mais bon nombre d’entre eux vivant dans les grandes villes sont concernés.

Une masse de  devoirs à la maison apportent du stress et éloignent de l’envie d’apprendre.

Les enfants doivent intégrer les programmes en un minimum de temps sur des journées longues.

De nombreuses recherches montrent que le temps passé à faire des devoirs à la maison doit être adapté en fonction de l’âge. Si vous tenez absolument à ce que votre enfant fasse des devoirs à la maison, voici une règle de base de rapport temps de devoirs/niveau scolaire sur le maximum à ne pas dépasser. Il faudrait (et j’emploie le conditionnel) faire au maximum 10 minutes par niveau :

  • 10 minutes au CP
  • 20 minutes au CE1
  • 30 minutes au CE2
  • 40 minutes en CM1
  • 50 minutes en CM2 !!!

50 minutes pour un élève de CM2, c’est énorme. “Mais il rentre au collège l’année suivante”, me direz-vous. Oui, mais au collège non plus les devoirs ne prouvent pas avoir des effets bénéfiques sur les jeunes adolescents. De plus, les études, là aussi, disent que 15 minutes maximum le soir en primaire sont bien suffisantes.

Et pour le collège ?

Seuls 6% des collégiens reçoivent “systématiquement” l’aide de leurs parents, selon un sondage OpinionWay de 2016.

La donne va changer pour les collégiens après les vacances de la Toussaint 2017. Avec le programme “Devoirs faits”, proposé par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer en mai dernier, les collégiens pourront faire leurs devoirs au sein de leur établissement, et ce gratuitement.

En effet, de nombreux enseignants organisent autrement qu’avec des « devoirs », la communication entre l’école et la maison, la participation aux travaux de la classe et les relations individuelles avec les familles. Ils n’attendent pas que les parents jouent au « professeur du soir », mais, outre leur rôle naturel (affectif et matériel), qu’ils montrent l’importance de l’école à leurs yeux, qu’ils soient curieux et fiers des réalisations de leurs enfants.

Quelques idées : 

L’école peut entrer à la maison sans passer par des devoirs :

– la consultation des travaux rapportés de la classe ;

– l’écoute du texte dont l’enfant est auteur ;

– la lecture du cahier de vie, du cahier d’écrivain, du journal scolaire ;

– la visite du blog de la classe ;

– la participation à des présentations en classe (exposés d’enfants, œuvres…) ;

– etc.

La maison peut entrer à l’école sans les devoirs :

– le récit d’une visite, d’une promenade, d’un événement important ;

– l’écriture d’un texte dans le cahier d’écrivain ;

– la présentation d’un objet culturel, d’un animal familier, d’une recette de cuisine…

– l’exposé d’un parent (pays, métier…) ;

– les réunions individuelles avec les enseignants ;

– les échanges de savoirs ;

– etc.

Ce travail personnel dans l’établissement scolaire, dans la classe est indispensable pour mettre à la disposition de chaque enfant, chaque jeune un maximum de ressources : adultes (enseignants, éducateurs, documentalistes, bénévoles associatifs…) et pairs (entraide, tutorat), ouvrages et documentation, ordinateur connecté…

Sans oublier le suivi individuel, les conseils essentiels pour cheminer avec confiance

Cette pratique quotidienne du travail personnel permet également l’appropriation de savoir-faire explicites souvent réservée aux seuls enfants de milieu familial privilégié plus informé et plus disponible.

Comment ça se passe chez vous ?

Vous subissez la pression des devoirs ? Vous avez réussi à refuser trop de devoirs à la maison ? Partagez votre expérience et vos astuces dans les commentaires.