Apprendre est difficile surtout quand on n’y trouve pas d’intérêt.
En revanche, lorsqu’on est vraiment intéressé par quelque chose, l’apprentissage est facile.
Pourquoi est-ce ainsi ?
 
La plupart des neurones du cortex transportent des informations sur ce qui se passe autour de soi et sur ce qu’on fait.
 
Le cerveau possède aussi un ensemble de systèmes de projection diffuse de neuromodulateurs qui véhiculent de l’information, non pas sur le contenu d’une expérience, mais sur sa valeur et son importance pour l’individu dans le futur. Les neuromodulateurs sont des substances chimiques qui influencent la façon dont un neurone réagit aux autres neurones.
Aujourd’hui, nous allons parler de trois d’entre eux : l’acétylcholine, la dopamine et la sérotonine.
 
Les neurones cholinergiques, produisant l’acétylcholine, créent des connexions neuro-modulatrices avec le cortex qui sont particulièrement importantes pour l’apprentissage en mode concentré, quand on est très attentif.
 
Ces neurones cholinergiques diffusent largement l’acétylcholine ce qui active les circuits qui contrôlent la plasticité synaptique, facilitant ainsi la mémorisation à long terme.
Les neuromodulateurs ont aussi un profond impact sur le subconscient.
De mon vivant, l’une des grandes découvertes sur le cerveau, a été de montrer que la motivation est contrôlée par une substance chimique particulière, appelée la dopamine, qui se trouve dans un petit groupe de neurones du tronc cérébral, que l’on voit ici coloré en orange.
 
Ces neurones à dopamine font partie du système contrôlant l’apprentissage par conditionnement se trouvant en particulier dans les ganglions de la base situés dans la région verte au-dessus des neurones dopaminergiques et sous le cortex de la partie supérieure du cerveau.
 
La dopamine est libérée par ces neurones lorsqu’on reçoit une récompense imprévue.
 
Les signaux de dopamine se propagent largement et ont un effet puissant sur l’apprentissage.
Cela affecte aussi la prise de décisions, et même l’interprétation des stimuli sensoriels.
 
La dopamine intervient, non seulement lors de récompenses immédiates, mais aussi dans l’anticipation de futures récompenses.
 
Ceci peut vous motiver à faire des choses, qui ne sont pas gratifiantes dans l’immédiat, mais qui pourraient vous apporter une bien meilleure récompense dans le futur.
 
Les drogues addictives augmentent artificiellement l’activité de la dopamine et font croire au cerveau que quelque chose de merveilleux vient d’arriver.
 
En réalité, c’est exactement le contraire qui se passe.
Cela conduit au manque et à la dépendance, ce qui peut détourner votre libre arbitre et vous inciter à adopter des comportements qui pourraient vous être nuisibles.
 
La perte de neurones dopaminergiques entraîne un manque de motivation et un état appelé l’anhédonie, soit une perte d’intérêt pour des choses qui auparavant vous faisaient plaisir.
 
Une perte importante de neurones dopaminergiques provoque des tremblements de repos, de la lenteur et de la raideur ; c’est la maladie de Parkinson qui finit par mener à la catatonie, l’absence complète de mouvements.
Les neurones dopaminergiques font partie du cerveau inconscient.
Ainsi, quand on se prévoit une récompense à la fin d’une session d’étude, on fait appel à son système dopaminergique.
 
La sérotonine est le troisième neuromodulateur qui influence fortement la vie sociale.
Dans les groupes de singes, le mâle alpha a le plus haut niveau de sérotonine alors que le mâle de rang inférieur a le plus bas niveau.
Le prozac, qui est prescrit pour la dépression clinique, augmente l’activité en sérotonine.
 
Le niveau de sérotonine est aussi étroitement lié au comportement de prise de risque.
La propension au risque est plus élevée chez les singes ayant de faibles niveaux de sérotonine.
 
Les détenus emprisonnés pour des crimes violents ont des niveaux de sérotonine parmi les plus bas de la société.
 
Enfin, comme vous le savez, les émotions affectent fortement l’apprentissage.
Autrefois, on pensait que les émotions étaient indépendantes de la cognition, mais des recherches récentes montrent que les émotions sont liées étroitement à la perception et à l’attention, et qu’elles interagissent avec l’apprentissage et la mémoire.
 
L’amygdale, une structure en forme d’amande que l’on voit ici nichée à la base du cerveau, est un des principaux centres où s’effectue l’intégration de la cognition et des émotions.
 
L’amygdale fait partie du système limbique qui, avec l’hippocampe, est impliqué dans le traitement des souvenirs et la prise de décision ainsi que la régulation des réactions émotionnelles.
Pour apprendre efficacement, assurez-vous de garder votre amygdale de « bonne humeur ».
Les émotions et les systèmes de neuromodulation sont plus lents que la perception et l’action, mais ils n’en sont pas moins importants pour un apprentissage réussi.
 
Si vous voulez en savoir plus sur l’acétylcholine, la dopamine et a sérotonine, consultez brainfacts.org :
un site web plein d’informations judicieuses sur le cerveau.
 
Bon apprentissage et à bientôt.

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