Cet article a été écrit par Audrey du site audreychapot

Le sujet n’est pas nouveau et les difficultés souvent identiques d’une génération à l’autre :

Je ne sais pas quoi faire.

Plusieurs orientations m’intéressent mais elles n’ont rien à voir les unes avec les autres.

On me dit de « faire un bac scientifique », la « voie royale » qui ouvre toutes les portes.

Mes parents attendent que je fasse comme eux pour prendre la suite.

Vu mon milieu, pas le choix, je prends ce qui reste.

Je ne vois pas à quoi ça sert de faire des études puisque le chômage des jeunes est toujours plus élevé. Au moins ça retardera la date d’entrée dans la vie active.

J’ai des envies mais les études pour y parvenir ne me tentent pas.

Et puis, comment faire pour connaître les métiers qui existent alors qu’on nous parle toujours des mêmes ?!

Pas étonnant que les ado en arrivent à sortir les pinces !

Ces phrases types, je les ai entendues maintes fois.

Elles sont en partie stéréotypées, elles décrivent tout de même une réalité : celle que les ado sont livrés à eux-mêmes, trop souvent mal conseillés, contraints de devoir choisir leur avenir, en général sans en avoir les moyens.

Qu’est-ce que j’insinue par là ?

Le problème est que les ado et leur entourage proche vivent côte à côte sans vivre « dans la même époque »

L’entourage adulte, ce sont en général les parents et la famille élargie, les professeurs et conseillers d’orientation, les éducateurs ou accompagnants d’activités ; ils sont en grande majorité décalés par rapport à la réalité globale du monde actif et des évolutions de notre société. Le corps enseignant est souvent peu ouvert à d’autres secteurs d’activité, les parents restent généralement dans leur milieu.

Les modèles que ces adultes renvoient aux ado sont donc souvent restreints et ils datent ! Ils ne sont plus à jour des tendances émergentes. Ils ne réalisent pas suffisamment qu’un choix d’orientation aujourd’hui n’aboutira concrètement que dans quelques années (à la fin des études, lorsque le cursus sera complété, s’il l’est). Et dans quelques années, le monde aura encore changé par rapport à aujourd’hui! Les besoins ne seront plus les mêmes, les règles du jeu non plus, les conditions de vie seront aussi différentes.

En quoi le monde est différent aujourd’hui ?

Là où pour les générations précédentes, il suffisait de « suivre la tendance en cours », les ado et les enfants d’aujourd’hui sont face à une grande inconnue, que nous n’avions pas, nous, adultes actuels.

Entre les aspects sociaux de chômage installé, démographiques avec les migrations de populations (pour causes variées), les instabilités écologiques, les évolutions du numérique avec la robotisation par exemple, la valeur de l’argent et les écarts grandissants entre population pauvre et population immensément riche, le tabassage médiatique de modèles virtuels et éphémères de réussite…

Impossible de connaître notre monde dans 10 ans ! Tout va très vite, et peut s’améliorer ou se détériorer en un claquement de doigt.

Cela change la donne ! Il est encore plus difficile de se projeter quand le futur est inconnu à ce point et que le moral est en berne pour une partie de la population française.

Comment savoir ? Comment décider ?

Je reçois régulièrement des messages de jeunes intéressés par mon métier, l’anthropologie, et qui hésitent à s’engager dans cette voie, par méconnaissance, par peur des débouchés dits restreints, par pression sociale…

J’accepte systématiquement d’échanger avec eux, de les écouter et de leur donner mon point de vue (qui n’engage que moi évidemment).

Ce que je leur dis à propos d’études en anthropologie s’applique à tous, ceux qui veulent suivre des études et ceux qui ne le souhaitent pas, ou ne le peuvent pas (encore) pour x raisons, ceux qui veulent parcourir le monde, ceux qui veulent trouver un emploi avant tout.

Mon discours est le même que celui que je tiens à mes enfants et beaux-enfants !

Il est aussi le même, en substance, que celui que je tiens en accompagnement aux adultes en transition de vie, ceux qui par exemple quittent leur travail pour trouver un métier et un mode de vie qui leur conviennent parce qu’à 35 ou 45 ans, ils ont l’impression de ne pas vivre pleinement, de passer à côté de leur existence, de subir leur quotidien. (Pour comprendre rapidement la différence entre travail et métier qu’Ismail Sadky rappelait en introduction de son interview des Engagés de l’ombre, lisez cet article.)

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Voici mon propos il y a 2 ans lors d’une interview pour Vocajob destiné aux jeunes voulant enfin trouver le métier qui leur correspond :

« Aux jeunes voulant étudier l’ethnologie et l’anthropologie, foncez ! Ces domaines apportent une culture générale et un état d’esprit singulier, ainsi que des clés de lecture du monde fondamentales et indispensables.

Pour ce qui est d’étudier à l’étranger, je suis pour se balader un peu partout, constater ce qu’il se passe ailleurs, y prendre part, se faire sa propre idée.A tous, je dirai de ne pas écouter les conseils d’autrui!

Faites ce que vous sentez et ce qui vous plaît, avant tout. Peu importe ce qui se dit du métier ou de la filière qui vous attire.

D’abord, sans enthousiasme ni plaisir, cela ne peut pas fonctionner sur la durée, d’où l’importance de choisir des filières qui plaisent et stimulent avant tout.

Ensuite, le monde professionnel évolue tellement vite, avec des revalorisations de métiers anciens, des inventions de nouveaux métiers ou de nouvelles compétences qu’aucune visibilité précise n’est possible sur les 5-6 ans à venir.

Et puis, c’est à chacun de créer ou de proposer son activité spécifique, son idée de comment il souhaite contribuer, avec son panel de savoir faire et de motivations; d’autant plus que le changement est la norme, nous sommes déjà quasi tous à changer d’activité ou de voie professionnelle plusieurs fois dans nos vies, cette tendance s’intensifie.


Par ailleurs, je trouve important d’insister sur l’impact de la vie personnelle qui influe, réoriente, accélère ou ralentit les choix d’orientation et d’activité professionnelle.

Les deux sont intimement liées et provoquent des rencontres et des opportunités qu’on ne peut pas planifier à l’avance.

A mon sens, ce qui importe le plus est d’une part de s’engager vers ce qui plait; d’autre part, d’apprendre à se connaitre pour comprendre comment et pourquoi contribuer. »

Choisir ce dont on a envie et ce que l’on aime pour se sentir vivant.

Le point de départ est de se focaliser sur ce que l’on aime. Si l’on aime ce que l’on fait, on apprend vite et bien, donc on devient rapidement compétent et professionnel.

Sur quoi cela débouche ? Sur vous avant tout !

C’est une aventure pour se trouver, se réaliser, prendre et donner, partager, faire sa place, prendre sa place, se sentir vivant, être.

Et le cheminement est tout aussi important que l’objectif final (s’il y en a un !) Ce cheminement se savoure tout au long, avant, pendant et après. Autant que le plaisir et l’enthousiasme y trouvent bonne place !

Est-ce que ce que vous voulez faire vous servira plus tard ? Il est impossible de connecter les points à l’avance, de tout prévoir minutieusement avec certitude. Ni vous, ni les adultes ne le peuvent (quoi qu’ils en disent).

Mais après coup, en regardant le passé, on réalise à quel point chaque étape, succès et échec, chaque relation, chaque apprentissage, chaque expérience nous sert précisément aujourd’hui. C’est uniquement en regardant le passé que l’on est capable de relier les points.

D’ici là, que vous soyez ado en recherche d’orientation ou parent non épanoui dans sa vie professionnelle, connectez-vous à ce qui vous fait vibrer !

Pour aller plus loin, et si vous avez besoin d’un coup de pouce extérieur pour revenir à vous et tracer votre route, à votre manière, contactez-moi.

Audrey

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